Il peint sans pinceau. À l’arête, à plat, avec des feuilles rigides, d’un geste fluide, presque en transe : la main suit ce qui apparaît. Chaque toile naît d’un seul élan, sans qu’il y revienne.
Pour lui, le génie d’une œuvre ne se trouve pas dans ce qui est peint, mais dans les espaces laissés vierges. Le chaos le guide, il guide le chaos : ils avancent ensemble.
Le noir et le rouge sont la puissance de l’âme : les passions, le désir, tout ce qui déborde et explose en nous.
Les Muses ne sont pas des visages, ce sont des forces : la tentatrice, l’idole, la volupté. Celle qu’on accuse d’avoir tendu la pomme. Celle dont la seule présence déplace le regard. Celle dont les courbes font qu’on ne sait plus penser.
Une même toile ne se regarde jamais deux fois de la même façon. Ceux qui vivent avec une Muse y voient surgir ce qu’ils n’avaient pas vu la veille : un cheval, un paysage, une silhouette. Il n’explique rien et ne corrige personne. L’œuvre se contemple, se découvre, se redécouvre.
Il s’adresse à celles et ceux qui sont en accord avec leur désir et leur sensualité, et qui voient dans la femme une créature sublime et lumineuse.
Chaque Muse existe en 29 tirages. Pas un de plus. Chacun est numéroté et accompagné d’un certificat d’authenticité signé à l’encre. Les originaux, lui, les garde : ce sont ses trésors.
Il se tient derrière ses œuvres. Elles sont ce qu’il offre au monde, pas sa personne.
D’autres Muses attendent. Elles seront dévoilées une à une, d’abord à celles et ceux qui sont inscrits à la liste.